Publié dans 3ème, poésie, poésie engagée, textes engagés

Poèmes engagés

Tu te dis
Tu te dis
Que tu n’aurais jamais dû venir ici,
Ici où les gens te jugent sur ta couleur
Ta couleur, celle que tu n’as pas choisie
Celle avec laquelle tu es né
Celle avec laquelle tu meurs.
Oui, ta couleur de peau
Tu ne l’as pas demandée
Et pourtant tu te trouves condamné
A vivre sous les regards
Ces regards qui te défigurent
Comme si tu n’étais pas de ce monde
Quand tu vois ces regards qui te dévisagent
Ces regards haineux
Posés sur ton visage
Tu te dis
Que tu as juste envie de partir d’ici
De cet endroit que tu as choisi
Pour sauver tes enfants de la famine
Et leur éviter de tomber
Tomber dans la honte
La honte d’être ce que tu es
Thalia Magnier & Christopher Leignel

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Publié dans 4ème, calligrammes, poésie

POESIE


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IN-TACT
La joie de vivre,
Cet enfant là l’a perdue
Il n’est pas ivre
De ces heures seul, inattendu
Isolé sur son banc
Il regarde devant lui
Et pense à ses parents
En se disant « je fuis »
Le jour est innocent
Mais la nuit dévastatrice.
Il se demande tout en pleurant
Pourquoi un tel supplice ?
Sa vie est gâchée,
Mais l’espoir est en lui.
Un jour, il saura pardonner
Aux êtres qui l’ont tant blessé.
Pauline Orphelin & Louise Oguez (4ème A)
Chaque jour, il y a de la violence,
Chaque jour, il y a de la délinquance
Plusieurs jeunes se trimballent avec des guns
Avec leur Merco, ils font des burns
Ils rentrent d’une soirée complètement défoncés
Et violent une petite poupée
Dans une fête foraine, ils cherchent les problèmes
Ils se font embarquer par les condés
Le résultat, les voilà prisonniers et
Dès qu’ils sortent de prison, blêmes,
Quand leur équipe perd
Ils tabassent les autres supporters
Avec leurs survet Sergio Tacchini
Ils se ramènent sur les boulevards de Paris
Avec leur voiture ils vont à trois cents
Et ça finit dans le sang.
Alexandre Vanden-Bil & Lucas Gilles (4ème A)
La cité
On l’a dit violente
Et insolente
Quand les policiers se font insulter
Toutes ces personnes âgées
Qui se font attaquer
Toutes ces voitures brûlées
On ne passe que ça à la télé
L’école si vite oubliée
Où l’on ne va que pour rigoler
Tous ces profs qui ont la pression
Finissent en dépression
Mais dans certaines cités
Il y a des lieux de paix
Où tout le monde se tait et
Dont la télé ne parle jamais
Joë Moal & Franck Ponchet (4ème A)
LES ENFANTS SOLDATS
Faire des enfants pour les envoyer à la guerre,
C’est prévoir leur avenir avant même qu’ils soient nés.
Ces petits êtres innocents que la guerre fait taire
Une arme à la main, ils n’osent pas bouger, choqués.
A l’âge de dix ans, ils partent seuls vers l’inconnu.
Ils ne savent pas quoi faire, ils prient Dieu tous les jours,
Faits prisonniers, on les enferme en haut d’une tour.
Le matin, ils appréhendent la mort, ils ont peur,
Peur des armes qui sont lourdes et qui tuent leurs amis
Ils espèrent retrouver leur famille, cette chaleur,
Ce grand cocon où personne ne s’abâtardit.
Armes, bruits, peur, mort, les mots qu’ils ne veulent pas penser
Les images défilent à toute vitesse dans leur tête
Joie, couleur, les mots auxquels ils voudraient penser.
Pauline Barbier (4ème A)
Des arbres coupés
La nature s’envole
Petit à petit des vies effacées
malgré sa verdure
Le monde semble l’ignorer
Après les tempêtes
Ces vieux arbres brisés
Qui s’épaulent sur leurs frères
Avec ces machines
Qui viennent les broyer
Soit disant sans conséquences
Détruire une liberté
Cette nature esclave
De nos maisons dorées
Du bois qui brille
Près de nos cheminées
Joséphine Dauris (4ème A)
Dans la lumière de la ville
Il s’endort durement
Et dans la lumière du matin
Il se réveille brusquement
Il se lève comme un pantin
Manipulé par la faim
Et n’ayant pas d’argent
Il cambriole les magasins
Pour manger à sa faim
Et nourrir ses enfants.
Alana Chatenet & Laetitia Demory ( 4ème A)
Pourquoi dire noir, pourquoi dire blanc et ne pas dire Homme ?
Pourquoi y a t-il des différences ?
Ce n’est qu’un masque qui cache un Homme ;
Ne nous fions pas aux apparences.
La religion est une idée,
La critiquer est une pensée.
Un ou plusieurs Dieux ce ne sont que des croyances,
C’est une évidence.
Pourquoi intolérance et différence ? L’homme et
La femme sont censés se compléter
Et non pas s’offenser.
Nous respirons le même air
Alors pourquoi pas le même salaire ?
Respectons notre emblème
Liberté, Egalité, Fraternité,
J’aime.
Nathanaël Laubuge & Dorian Escaré ( 4ème A)
Qu’on soit blanc, noir ou jaune
On est tous pareils
Que ce soit de l’hiver jusqu’à l’automne
Que ce soit dans tous les lieux
On est tous les mêmes
On est tous pareils
Sauf la couleur de peau
Sur cette planète pleine d’eau
On a tous la même couleur en nous
Des pieds jusqu’au cou
On est tous les mêmes
Pourquoi tant de haine
Entre ces liens pleins de noeuds
Pourquoi tant de haine
Entre eux ?
On est tous les mêmes
La méchanceté entre les gens
Finit par le malheur
Et les râleurs
N’ont qu’à se taire
On est tous les mêmes
Paul Riffard (4ème A)
Ces yeux pétillent de joie et de bonheur
Dans ces yeux une jolie lueur.
Il respire la joie de vivre
Comme il l’a lu dans les livres.
Il se trouve dans un immense paradis
Le soleil lui sourit
Quand dans sa cuisse ça pique
Est-ce un moustique ?
Au retour de sa bringue,
Il prend sa voiture,
Se prend une voiture,
Dans sa poche une seringue.
Marion Anquetil et Juliette Lucas (4ème C)
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La faim
Dans ces pays là
Les gens meurent de faim
Ils n’ont rien,
Pas comme chez nous, là,
Qui nous goinfrons
Chaque fois que nous en avons l’occasion
Ils manquent de tout
Et doivent manger de la boue
Mais les gens qui n’ont rien à manger
N’ont pas à boire non plus
Ils peuvent en plus mourir assoiffés
Et quand ils nous demandent
Qu’on vienne les aider
Les gens leur répondent
Vous n’avez qu’à vous débrouiller
Léa BERGES & Marc-Enzo LAULON
(4ème C – Mermoz)
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La guerre
De jeunes soldats,
Partent à la guerre avec Alqaida
Des enfants et des femmes
Perdent cœurs et âmes
Dans cette guerre sans pitié
Ils se font tuer.
Les militaires, les caporaux sont dangereux
Car ils tuent leurs parents devant eux.
Ces gens les obligent à faire la guerre
Sinon ils se prennent une balle dans l’artère.
Les enfants se lèvent tôt le matin
Ils ont déjà du sang plein les mains.
Ils n’ont que huit ou neuf ans
Mais ils tuent déjà de pauvres gens.
Ces enfants mènent une guerre sans merci,
Pour défendre leur pays.
Laura Totolehibe et Mahilet Boursier
4ème C- Mermoz
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La pollution
Dans le ciel se dessinent des nuages noirs
Et cela nous donne peu d’espoir
Un peu partout on parle de pollution
Mais la terre nous donne cette punition
Cependant il y a des solutions :
Sauvez les bois et les forêts
En arrêtant de semer vos déchets
Préservons les mers et les océans ;
Pour stopper les ouragans…
La nature est belle et généreuse
Ne la blessons pas avec nos pelleteuses
Cessons de faire couler son sang
Car nous sommes ses enfants
Laissons-là prendre soin de nous
S’il vous plait, aidez-nous !
Magnes Anna et Cases Marie
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LE TRAVAIL DES ENFANTS
Tous se mettent au travail,
Sans parler, sans pleurer,
Ils ont mal,
Mais continuent à travailler.
On ne leur donne pas le choix.
Ils n’ont même pas le droit,
De se lamenter,
Ou encore de se reposer.
Toute cette jeunesse gâchée,
Qui exécute sans broncher,
Le travail normalement
Attribué aux parents
Axel Delansorne & Coralie Lafontan
( 4ème C – Mermoz)
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Le rêve artificiel
Une chaleur qui tient chaud au coeur
Un sol de fleurs ensolleillées
Il est là depuis quelques minutes, pour lui ce sont des heures
Il aperçoit un visage qui lui est familier
Il oublie d’un coup toutes ses rancoeurs
Et entre dans un monde plein de bonheur
Une envie de dormir se fait sentir
Comme s’il allait s’endormir
Il s’envole au dessus de jolis près
Et il respire un bon air frais
Pas comme dans ces villes polluées
Malheureusement le rêve s’achève
L’heure de se confronter au vrai monde
Il plonge à nouveau sa main dans le sachet de poudre blanche
Et la porte à son nez
Charly Jalao & Sébastien Dick
(4ème C- Mermoz)
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Une dose de paradis dans un monde d’enfer,
C’est elle qui le rend heureux et qui disparaît telle une fumée.
Un petit plaisir qui peut coûter la vie.
Ce trou noir dont on ne peut plus sortir.
Cette petite voix qui te dit de ne pas arrêter
Quelques jours pour survivre
Une vie pour vivre
Mais il ne faut pas la gâcher
La honte, la dépendance, la mort souvent.
Peu importe le moyen, c’est la santé qui est en danger.
Après, plus besoin de rentrer chez nous, direction notre dernière demeure.
Cette dose de paradis mène bien souvent à l’enfer
Il faut le faire respecter !
C’est notre dernier espoir.
Guillaume Stanghellini et Loïc Baurens
4ème C ( Mermoz)
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Tous ces projectiles qui tombent,
Détruisent les campements,
Et réduisent les soldats à néant
Qui finiront ainsi dans une tombe.
Tous ces gens allongés,
Au milieu de toutes ces armes éparpillées.
Baignant dans leurs sang,
Qui ne reverront jamais leurs enfants.
Après les cris des survivants,
Tous leurs hurlements,
Sont emportés par le vent.
Cyndie Manin et Laura Pradat
(4ème C- Mermoz)
Publié dans 4ème, course contre la faim, poésie, poésie engagée

Course contre la faim (collège Jean Mermoz)

La faim
Un bol de lait chaud
Pour le déjeuner du riche
Le souvenir de l’eau
Que le pauvre a bue il y a 3 jours
Trois œufs chauds
Pour le petit déjeuner du riche
Le souvenir du pain
Pour le déjeuner du pauvre
Après ce déjeuner complet
Le riche prend sa voiture
Après ses souvenirs
Le pauvre prend son âne
Pour aller devant son ordinateur
Pendant trois heures
Pour se casser le dos
Jusqu’à pas d’heure
Pour vivre pleinement
Et correctement
Pour des clous
Et c’est tout
De retour le riche va se coucher
Dans son lit douillet
De retour, le pauvre va se coucher
Sur sa paillasse défoncée.

de MOAL Joë

La faim


-La faim c’est quoi?
-C’est un petit cri d’enfant
Que l’on entend chaque matin
Et ce pour beaucoup d’humains
-La faute à qui?
La faute à quoi?
– A quoi? Aux intempéries
-Comment?
-Eh bien oui, sécheresse, inondations.
[d’un air songeur] -Sécheresse, inondations,
Ce ne serait pas ce que l’on connaît tous les étés?
-Si, mais chez eux les conséquences sont dramatiques.
-Et la Guerre, ça fait quoi, cela a-t-il un sens?
-Un sens, non, ce sont des conflits…
-Ils provoquent la faim?
-Oui, entre autre mais aussi beaucoup de malheur.
-Et nous là dedans, on fait quoi?
-Nous qu’est-ce-qu’on fait? c’est simple on gaspille.
[ d’un air dramatique] 1 milliard…
-1 milliard c’est quoi ?
-C’est simple, ce sont toutes ces personnes qui meurent de faim.
-Mais… Vous, vous en pensez quoi?




Barbara Mallet & Coralie Peyruseigt

Je connais la faim, je l’ai ressentie. Enfant, à la fin de la guerre, je suis avec ceux qui courent sur la route à côté des camions des Américains, je tends mes mains pour attraper les barrettes de chewing-gum, le chocolat, les paquets de pain que les soldats lancent à la volée. Enfant, j’ai une telle soif de gras que je bois l’huile des boîtes de sardines, je lèche avec délices la cuiller d’huile de foie de morue que ma grand-mère me donne pour me fortifier. J’ai un tel besoin de sel que je mange à pleines mains les cristaux de sel gris dans le bocal, à la cuisine.
Enfant, j’ai goûté pour la première fois au pain blanc. Ce n’est pas la miche du boulanger — ce pain-là, gris plutôt que bis, fait avec de la farine avariée et de la sciure de bois, a failli me tuer quand j’avais trois ans. C’est un pain carré, fait au moule avec de la farine de force, léger, odorant, à la mie aussi blanche que le papier sur lequel j’écris. Et à l’écrire, je sens l’eau à ma bouche, comme si le temps n’était pas passé et que j’étais directement relié à ma petite enfance. La tranche de pain fondant, nuageux, que j’enfonce dans ma bouche et à peine avalée j’en demande encore, encore, et si ma grand-mère ne le rangeait pas dans son armoire fermée à clef, je pourrais le finir en un instant, jusqu’à en être malade. Sans doute rien ne m’a pareillement satisfait, je n’ai rien goûté depuis qui a comblé à ce point ma faim, qui m’a à ce point rassasié.
Je mange le Spam américain. Longtemps après, je garde les boîtes de métal ouvertes à la clef, pour en faire des navires de guerre que je peins soigneusement en gris. La pâte rose qu’elles contiennent, frangée de gélatine, au goût légèrement savonneux, me remplit de bonheur. Son odeur de viande fraîche, la fine pellicule de graisse que le pâté laisse sur ma langue, qui tapisse le fond de ma gorge. Plus tard, pour les autres, pour ceux qui n’ont pas connu la faim, ce pâté doit être synonyme d’horreur, de nourriture pour les pauvres. Je l’ai retrouvé vingt-cinq ans plus tard au Mexique, au Belize, dans les boutiques de Chetumal, de Felipe Carrillo Puerto, d’Orange Walk. Cela s’appelle là-bas carne del diablo, viande du diable. Le même Spam dans sa boîte bleue ornée d’une image qui montre le pâté en tranches sur une feuille de salade.
Le lait Carnation aussi. Sans doute distribué dans les centres de la Croix-Rouge, de grandes boîtes cylindriques décorées de l’œillet carmin. Longtemps, pour moi, c’est la douceur même, la douceur et la richesse. Je puise la poudre blanche à pleines cuillerées que je lèche, à m’en étouffer. Là aussi, je puis parler de bonheur. Aucune crème, aucun gâteau, aucun dessert par la suite ne m’aura rendu plus heureux. C’est chaud, compact, à peine salé, cela crisse contre mes dents et les gencives, coule en liquide épais dans ma gorge.
Cette faim est en moi. Je ne peux pas l’oublier. Elle met une lumière aiguë qui m’empêche d’oublier mon enfance. Sans elle, sans doute n’aurais-je pas gardé mémoire de ce temps, de ces années si longues, à manquer de tout. Être heureux, c’est n’avoir pas à se souvenir. Ai-je été malheureux ? Je ne sais pas. Simplement je me souviens un jour de m’être réveillé, de connaître enfin l’émerveillement des sensations rassasiées. Ce pain trop blanc, trop doux, qui sent trop bon, cette huile de poisson qui coule dans ma gorge, ces cristaux de gros sel, ces cuillerées de lait en poudre qui forment une pâte au fond de ma bouche, contre ma langue, c’est quand je commence à vivre. Je sors des années grises, j’entre dans la lumière. Je suis libre. J’existe.
C’est d’une autre faim qu’il sera question dans l’histoire qui va suivre.

JMG LE CLEZIO, Ritournelle de la faim (prologue)

La grasse matinée


Il est terrible
le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain
il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim
elle est terrible aussi la tête de l’homme
la tête de l’homme qui a faim
quand il se regarde à six heures du matin
dans la glace du grand magasin
une tête couleur de poussière
ce n’est pas sa tête pourtant qu’il regarde
dans la vitrine de chez Potin
il s’en fout de sa tête l’homme
il n’y pense pas
il songe
il imagine une autre tête
une tête de veau par exemple
avec une sauce de vinaigre
ou une tête de n’importe quoi qui se mange
et il remue doucement la mâchoire
doucement
et il grince des dents doucement
car le monde se paye sa tête
et il ne peut rien contre ce monde
et il compte sur ses doigts un deux trois
un deux trois
cela fait trois jours qu’il n’a pas mangé
et il a beau se répéter depuis trois jours
Ça ne peut pas durer
ça dure
trois jours
trois nuits
sans manger
et derrière ce vitres
ces pâtés ces bouteilles ces conserves
poissons morts protégés par les boîtes
boîtes protégées par les vitres
vitres protégées par les flics
flics protégés par la crainte
que de barricades pour six malheureuses sardines..
Un peu plus loin le bistrot
café-crème et croissants chauds
l’homme titube
et dans l’intérieur de sa tête
un brouillard de mots
un brouillard de mots
sardines à manger
oeuf dur café-crème
café arrosé rhum
café-crème
café-crème
café-crime arrosé sang !…
Un homme très estimé dans son quartier
a été égorgé en plein jour
l’assassin le vagabond lui a volé
deux francs
soit un café arrosé
zéro franc soixante-dix
deux tartines beurrées
et vingt-cinq centimes pour le pourboire du garçon.

Jacques Prévert